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Historique du village

 

Visitez le blog des mémoires de Maureilhan

   

Maureilhan est un village languedocien situé dans la ceinture périurbaine de Béziers. Siège de la Communauté de Communes « La Domitienne », il fut habité dès les temps préhistoriques. L'implantation romaine est confirmée par la présence d'une quinzaine de « villas » ; le vieux village, lui-même, est d'ailleurs édifié sur l'emplacement d'un domaine Gallo-romain. Les Wisigoths y ont laissé leurs traces, mais c’est vers l’an 804 de notre ère, que l’on trouve les premiers écrits mentionnant l’existence de Maureilhan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Vous aimerez parcourir le cœur du village et ses ruelles étroites, nommées « androunes » en langue d'Oc. L'une d'elles vous conduira, peut-être, à l'église Saint Baudile, construite en 1838. Le chœur, décoré de caryatides, vous étonnera sans doute par son originalité, ses fonts baptismaux, classés monuments historiques, ainsi qu'une une très belle chaire. Au détour de la rue des Anciennes Carrières, vous remarquerez le château du XVIième siècle, qui, flanqué de ses 4 imposantes tours rondes inscrites à l’inventaire du patrimoine, domine le village. Après avoir parcouru les rues commerçantes du « cœur de village », puis traversé la route départementale 612, bordée de maisons vigneronnes typiques de notre région et construites pour la plupart d’entre-elles au XIXième siècle, vous déboucherez sur le groupe scolaire, la cave coopérative, le boulodrome et le stade d’Honneur. En prenant la route de Cazouls-les-Béziers, ou celle de Puisserguier, vous traverserez le Lirou, dont les crues, heureusement aujourd’hui moins dévastatrices, ont longtemps impressionné par leur importance ; en direction de Montady, vous traverserez la Zone d’Activité Economique des « Traucats», dont le développement se poursuit. Enfin, aux entrées Est et Ouest, en direction de Béziers, de Puisserguier ou Capestang vous traverserez les nouveaux lotissements qui soulignent le dynamisme démographique et l’extension continue de Maureilhan depuis les années 1970. Surtout, après cette ballade, et c’est bien là l’essentiel, vous aurez commencé à découvrir notre village.

 

 

 

 


 

 

Les enfants célèbres

 

     Les deux hommes célèbres (Dortous de Mairan et Marie Jean Pierre Flourens) sont tous deux nés au même endroit, le domaine de la Trésorière.

 

 

 

     Le jeune Jean Jacques Dortous voit le jour en 1678. Le jeune adolescent alla poursuivre ses études à Toulouse puis à Paris où il étudia particulièrement la géométrie et la physique. L'académie des sciences de Paris ne tarda pas à lui ouvrir ses portes en 1719. Il en fut pendant un demi-siècle, une des gloires. Mairan vécut à Paris où il devait s'éteindre le 20 février 1771, à l'âge de 93 ans, entouré à son chevet des plus hauts personnages de la Cour.

 

 

     Le 24 germinal An II - 13 avril 1794- Marie Jean Pierre Flourens voit le jour. Ses parents l'envoyèrent étudier la médecine à Montpellier ou l'école - on ne disait pas encore faculté - était depuis longtemps célèbre. Trois ans plus tard, à 19 ans, Flourens obtenait le diplôme de docteur en médecine. Flourens, l'enfant du biterrois, "monta" à Paris. On comprend que par ses succès dans la recherche scientifique et par ses talents d'écrivain, Flourens ait eu l'honneur d'appartenir à la fois a l'Académie des Sciences et à l'Académie Française. en 1838 il fut élu député de l'Hérault, pour l'arrondissement de Béziers. Plus tard, en 1864 il fut conseiller municipal de Paris, après avoir été nommé Pair de France en 1846 et fait commandeur de la Légion d'honneur en 1845. Contraint par la maladie à une retraite forcée, il mourut près de Paris à Montjeron le 6 octobre 1867 à l'âge de 72 ans. Sa tombe, au Père-Lachaise, selon sa volonté, ne porte que cette simple inscription "Pierre Jean Marie Flourens physiologiste".

 

Dortous de Mairan


Source : Gravure de Simon Charles Miger, d'après Charles-Nicolas Cochin.

 

 Marie Jean Pierre Flourens

 


 

Source : Archives municipales.

 

Les Maureilhanais méconnus

 

Joseph-Jean Rey, membre de l'expédition Charcot (1903-1905)

Joseph-Jean Rey, est l’un de ces « Maureilhanais méconnus ». Il participa à la première expédition du commandant Jean-Baptiste Charcot, dans les mers australes (1903-1905).

     Il était né à Maureilhan, en mars 1873, fils de Jules Rey et de Joséphine Roudigou. Ses parents sont les descendants de deux vieilles familles de meuniers que l’on retrouve à Maureilhan à partir du milieu du 18ième siècle. Les problèmes de la meunerie, au 19ième siècle, les orienteront vers l’agriculture. Ils vont devenirs propriétaires terriens, après avoir été fournier (dans le Midi, chacun pétrissait son pain, puis l’amenait à cuire dans un four qui, avant la Révolution, payait un droit au seigneur. Ce four, au fonctionnement hebdomadaire, était entretenu par un particulier, choisi pour un an. C’était ce que l’on appelait à Maureilhan, la « pelle du four ». Après 1789, l’habitude de pétrir son pain subsista longtemps, on amenait ensuite le pain à cuire chez celui qui avait un four, le fournier, par la suite remplacé par le boulanger).

     Après de solides études, Joseph-Jean Rey entre à l’Ecole navale ; il en sortira à vingt-trois ans, promu au grade d’Enseigne de vaisseau (lieutenant), c’était en 1896. Le 15 août 1903, il embarque sur le trois-mâts goélette de 32 mètres que Charcot a fait construire à Saint-Malo l’année précédente et auquel ce dernier va donner un nom qui marque le patriotisme de cette époque, « Le Français » (curieusement, alors qu’il en était déjà à son troisième « Pourquoi Pas », Charcot décide de donner un nom plus nationaliste à son bateau. Par la suite, il reviendra à son idée première, et périra au large de l’Islande, trente ans plus tard (1936), à bord du « Pourquoi Pas IV »). Leur périple dans les mers australes va durer vingt-deux mois.


 



 

Le Français, pavoisé pour le 14 juillet 1904

 En qualité d’Enseigne, Rey fait partir de l’état major du bâtiment, mais il a également la responsabilité des études météorologiques, des observations sur le magnétisme terrestre et sur l’électricité atmosphérique. Mais sa grande passion restera l’astronomie, c’est probablement elle qui l’a orienté vers la Marine. L’étude des mystères de l’espace va le marquer tout au long de sa vie. Sa maison, au 13 de l’avenue de la République (actuelle maison du Docteur Guigues) en porte témoignage, avec la tour qu’il se fit construire et qui la flanque sur son côté droit. Il pouvait ainsi lors de ses séjours à Maureilhan, procéder en toute quiétude à ses observations.


 

Joseph-Jean Rey, relevant des mesures météorologiques (Hiver 1904) 

 

La première expédition Charcot sera un succès, elle leur permit de relever plus de mille kilomètres de côtes, d’établir trois cartes détaillées des mers australes et d’étonner la communauté scientifique par la moisson de collections, observations et mesures qu’ils ramenèrent, car plus de 75 caisses de produits les plus divers (roches, fossiles, notes, …) vont enrichir les collections du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.


L’Observatoire, la cabane magnétique et les électromètres utilisés par Joseph-Jean Rey

(Hiver 1904) 

 

    Par la suite, une mauvaise grippe empêchera Joseph-Jean Rey de repartir avec le commandant Charcot,lors de l’expédition de 1908, sa carrière dans les mers australes s’achevant ainsi prématurément.

 

    Dans son rapport fleuve de plus de soixante pages, adressé à l’Académie des Sciences, Rey signale par exemple au Cap Horn, avoir accueilli assez de données « pour déterminer la variation séculaire de l’inclinaison et de l’intensité de la composante horizontale ». Dans l’étude des observations d’électricité atmosphérique, les remarques effectuées portent sur les variations annuelles du champ magnétique de l’hémisphère austral, « …en relation non pas avec les saisons, mais avec la position de la terre sur l’Ecliptique, le champ électrique de l’atmosphère serait plus grand pour l’ensemble du globe… ». Enfin, en météorologie, Rey établi des cartes sur les moyennes de pression atmosphérique, de température de l’air, de l’eau, sur l’hygrométrie de l’air, sur la moyenne de la vapeur d’eau contenue dans l’air, sur les vents, leur fréquence et leur force. Bref, un travail de Titan sur lequel il travaillait encore, près de deux ans après son retour.

Jean COLOMBIE

 

"La Retirada"

Il y a 70 ans, les réfugiés politiques espagnols arrivent à Maureilhan 

 
 
    Soixante et dix ans déjà ! Malgré mon jeune âge à cette époque, je venais à peine d'avoir 18 ans, le souvenir me reste de ces nouveaux arrivants, terriblement maigres et tout dépenaillés.
    C'était dans le haut de l'avenue Pasteur qu'un camion avait déposé une petite quinzaine d'hommes, quinze et ils étaient près de cinq cent mille exilés ! Ils attendaient là, qu'un employé municipal vienne leur ouvrir l'ancienne cave Raffit (n° 41). Couchés dans le petit fossé qui bordait l'avenue, en ce temps là, entre les n°32 et 32 bis, appuyés contre un pauvre sac de jute qui renfermait toute leur fortune, ces malheureux sommeillaient, oubliant ainsi toute leur détresse.
 
    C'était dans la seconde quinzaine d'août 1939, bientôt la déclaration de guerre (2 septembre), puis la mobilisation qui suivit (130 Maureilhanais mobilisés, 38 resteront prisonniers de guerre et de ce fait, passeront près de 5 ans en Allemagne. Le malheureux Georges Serre ne reviendra au pays que dans un cercueil).
 
    Cette situation permit à ces réfugiés politiques de s'intégrer assez facilement dans le village. Cette main d'oeuvre étrangère allait être la bien venue, car la vendange arrivait à grand pas, et la récolte de 1939, une des plus importantes du siècle, était pleine de promesses. Bientôt, le magasin Raffit sera abandonné, les réfugiés seront tant bien que mal logés chez l'habitant, premier pas vers une lente intégration dans la vie du village, certains arriveront même à vivre en véritable symbiose avec leur famille d'accueil, comme Codina avec la famille Gauch, où Gil avec J-M Vergnes.
Ces réfugiés politiques constituaient une entité disparate de gens réunis par un même idéal, qui les avait soudainement broyés, parmi eux l'élite comme Escorsa, architecte semblait perdu au milieu de gens comme Llambrich, analphabète.
Fuyant la sanglante répression franquiste, après une longue marche de plusieurs centaines de kilomètres, ils avaient échoué au camp d'Argelès (Pyrénées Orientales), plutôt bien mal accueillis par les autorités militaires françaises, largement dépassées par cette situation, dans un contexte international, il est vrai très difficile.
  
    Essaimés ensuite dans tout le Midi, ces malheureux exilés allaient peu à peu reprendre pied dans la vie normale, aiguillonnés par le désir de se faire bien voir. Leur tort avait été d'avoir raison trop tôt, la démocratie, mais pas la République qui leur était chère, ne s'installera en Espagne que quelques décennies plus tard, après la dure et très longue période franquiste, qui dans la majorité des cas, fera de ces réfugiés des exilés définitifs.
 
Trente neuf la terre tremble
O torrent d'hommes en marche
Ce déluge n'a point d'arche
Le jour à la nuit ressemble
C'est l'heure prémonitoire
Sur l'autel du sacrifice
Où l'Espagne offre ses fils
Au feu sombre de l'Histoire
Sur les chemins de l'exode
Où vous demandiez asile
Voici la terre d'exil
Ses camps, ses fusils, ses codes
C'est ici que tout commence la Mort en voyage
Arrête son attelage.....
 
Louis Aragon, Pour MACHADO, extraits.
 
Jean COLOMBIE, Président des « Amis de Maureilhan ».

 

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